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" Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux . " Marcel Proust

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mardi 8 septembre 2020

Les arbres ....

 

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Il y a bien longtemps en Inde, quand les princes de la guerre régnaient sur le pays, vivait une jeune fille qui aimait les arbres. Elle s’appelait Amrita.

Amrita vivait dans un pauvre village aux maisons de boue séchée, en bordure d’un grand désert. Tout près du village s’élevait une forêt.

Chaque jour Amrita courait vers la forêt, sa longue natte dansant dans son dos.
Quand elle retrouvait son arbre préféré, elle l’entourait de ses bras.
« Mon cher arbre », s’écriait-elle, « tu es si grand et tes feuilles sont si vertes ! Comment pourrions-nous vivre sans toi ? »

Car Amrita savait que les arbres l’abritaient du soleil brûlant du désert. Les arbres la protégeaient des terribles tempêtes de sable.
Et là où poussaient les arbres on trouvait l’eau, cette eau si précieuse.
Avant de quitter la forêt, Amrita embrassait son arbre préféré, puis lui murmurait :
« Arbre, si un jour tu as des ennuis, je te défendrai. »
L’arbre lui répondait dans un bruissement de feuilles.



Un jour, juste avant les pluies de la mousson, une énorme tempête de sable tourbillonna dans le désert.
En quelques instants, le ciel devint aussi noir que la nuit. Des éclairs déchiraient le ciel et le vent fouettait les arbres tandis qu’Amrita se précipitait chez elle.
De sa maison, elle entendait le sable qui venait cingler les volets.
Après la tempête, il y eut du sable partout, dans les vêtements d’Amrita, dans ses cheveux et même dans sa nourriture.
Mais elle était sauvée et son village aussi, grâce aux arbres qui les avaient défendus au plus fort de la tempête.

 






Plus Amrita grandissait, plus elle aimait les arbres.
Bientôt, elle eut des enfants qu’elle emmenait avec elle dans la forêt.
« Ils sont vos frères et vos sœurs », leur disait-elle. « Ils nous abritent du soleil brûlant du désert, nous protègent des terribles tempêtes de sable, et nous montrent où trouver l’eau que nous buvons », leur expliquait-elle.
Puis Amrita apprenait à ses enfants à aimer et à protéger les arbres comme elle le faisait.

Chaque jour, quand elle quittait la forêt, Amrita allait puiser de l’eau à la source du village. Elle portait l’eau dans une grande cruche d’argile, posée en équilibre sur le dessus de sa tête. Un matin, près de la source, Amrita vit un groupe d’hommes armés de lourdes haches. Ils se dirigeaient vers la forêt. Elle entendit ces mots :
« Abattez tous les arbres que vous rencontrerez », ordonnait le chef des bûcherons. « Le Maharajah a besoin de beaucoup de bois pour construire sa nouvelle forteresse. »









Le Maharajah était un prince puissant qui régnait sur de nombreux villages. Sa parole faisait loi.
Amrita eut peur. « Les coupeurs d’arbres détruiront notre forêt », pensa-t-elle. « Nous ne serons plus abrités du soleil ni protégés des tempêtes de sable. Nous ne saurons plus comment trouver l’eau dans le désert ! »

Amrita courut se cacher dans la forêt. De sa cachette, elle entendait les coups de hache qui fendaient ses arbres bien-aimés. Soudain, Amrita vit le chef des bûcherons brandir le fer de sa hache vers son arbre préféré.
« Ne coupez pas cet arbre ! » s’écria-t-elle en bondissant.
Elle se mit devant son arbre.
« Écarte-toi ! » gronda le bûcheron.
« Je vous en prie, laissez mon arbre, » supplia Amrita. « Coupez-moi plutôt. »






Elle protégeait son arbre de toutes ses forces, mais le bûcheron la poussa et brandit sa hache. Lui, il ne voyait que l’arbre qu’on lui avait demandé de couper. Le bûcheron frappa encore et encore, jusqu’à ce que l’arbre d’Amrita s’abatte sur le sol. Amrita tomba à genoux, les yeux remplis de larmes. Ses bras étreignirent tendrement les branches mourantes de l’arbre.

Au village, quand ils surent ce qui venait de se passer, hommes, femmes et enfants coururent vers la forêt. L’un après l’autre, ils se placèrent devant les arbres pour les défendre. Chaque fois que les bûcherons s’avançaient pour couper un arbre, les villageois se dressaient sur leur chemin.
« Le Maharajah le saura ! » menaça le chef des bûcherons.
Mais le peuple ne céda pas.

Le Maharajah entra dans une grande colère quand il vit les bûcherons revenir les mains vides.




« Où est le bois que je vous ai envoyés couper ? » hurla-t-il.
« Votre Altesse, nous avons bien essayé de couper les arbres pour votre forteresse, mais où que nous allions, les villageois les entouraient de leurs bras pour nous en empêcher », répondit le chef des bûcherons.
Le Maharajah fendit l’air avec son épée. « Me désobéir coûtera cher à ces défenseurs d’arbres ! »
Il enfourcha son cheval le plus rapide et galopa vers la forêt. À sa suite venaient de nombreux soldats, montés sur des chameaux aux longues pattes et sur des éléphants aux défenses ornées de pierres précieuses.
Le Maharajah trouva les habitants du village rassemblés près de la source.
« Qui a osé défier mon ordre ? » demanda-t-il.
Amrita hésita un instant, puis elle s’avança.
« Oh, Grand Prince ! Nous ne pouvions laisser les bûcherons détruire notre forêt », dit-elle. « Ces arbres nous abritent du soleil brûlant du désert. Ils nous protègent des tempêtes de sable qui détruiraient nos récoltes et enseveliraient notre village. Ils nous montrent où trouver l’eau, si précieuse à boire.
« Sans ces arbres, je ne puis construire une solide forteresse ! » insista le Maharajah.
« Mais sans ces arbres, nous ne pouvons survivre », répliqua Amrita.








Le Maharajah lui lança un regard furieux.

« Coupez-les ! » hurla-t-il.
Les villageois se précipitèrent dans la forêt tandis que les soldats faisaient briller leurs épées et se rapprochaient pas à pas. Le sable se mit alors à tourbillonner autour de leurs pieds et les feuilles tremblèrent sur les arbres.

Au moment où les soldats atteignaient la forêt, le vent du désert rugit, soulevant tant de sable qu’ils y voyaient à peine.
Pour échapper à la tempête, les soldats coururent se mettre à l’abri des arbres.
Amrita étreignit son arbre préféré, et les villageois cachèrent leur visage quand le tonnerre éclata sur la forêt. Jamais ils n’avaient affronté une telle tempête.
Enfin, lorsque le vent s’apaisa, ils sortirent lentement de la forêt.

Amrita ôta le sable de ses vêtements et regarda autour d’elle. Des branches d’arbres brisées étaient éparpillées partout. Dans le champ, les grains de blé jonchaient le sol. Le sable s’était amoncelé tout autourde la source. Amrita comprit que seuls les arbres avaient empêché le désert de détruire le village.







Le Maharajah se tenait près de la source et regardait fixement la forêt. Il resta songeur un long moment, puis s’adressa aux villageois.
« Vous avez prouvé votre courage et votre sagesse. Vos arbres vous protègent, et désormais ils ne seront plus coupés. Votre forêt restera à jamais un joyau de verdure dans le désert. »

Le peuple se réjouit aux paroles du Maharajah.
Ils chantèrent et dansèrent très tard dans la nuit, et illuminèrent le ciel de feux d’artifice.
Dans la forêt, les enfants décorèrent les arbres de fleurs et de guirlandes de papiers multicolores.
Et pour ne pas oublier le grand sacrifice de l’arbre d’Amrita, ils firent de l’endroit où il était tombé un lieu sacré.

De nombreuses années se sont écoulées depuis ce jour-là, mais on dit qu’Amrita vient toujours vénérer les arbres dans la forêt.
« Chers arbres, vous êtes si grands et vos feuilles sont si vertes ! Comment vivre sans vous ? »
Amrita sait que les arbres abritent les hommes du soleil brûlant du désert.

Les arbres protègent les hommes contre les terribles tempêtes de sable du désert.

Les arbres montrent où trouver l’eau si précieuse.

Heureux et sages sont les hommes qui vivent auprès d’eux.





Conte populaire adapté d'une histoire du Rajasthan , Inde
Les premières photos sont faites à Nébias ( Aude )
Les deux dernières ont été prises en Inde en 2012 .






22 commentaires :

  1. Merci pour ce texte et tes belles photos
    j'ai tant apprécié, les arbres sont précieux ♥

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  2. J'adore ce joli conte, les arbres, la forêt sont si indispensables à nos vies! J'aime les arbres, tes photos
    sont superbes.
    Bonne journée, bises

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  3. je suis très admirative de voir tes photos....la nature est tellement belle que parfois on passe à côté sans la regarder.....ce matin ciel sans nuage, espérons que la température revienne avec un peu plus de degrés....encore et encore....passe un doux mardi

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  4. Un conte bien joliment illustré! Magnifiques compagnons!

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  5. J'aime les arbres, ils sont source de vie et signifient pour moi patience et force, protection et amour. Merci pour cette jolie série, celle de ta bannière est ma préférée. Bonne journée Andrée, bisous

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  6. Dans notre village toute une allée de peupliers a été coupée dont deux très anciens ,énormes, magnifiques...Nous aurions dû demander à ce qu'ils soient classés arbres à protéger...Je regrette surtout ces deux-là...Gazou

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  7. Tu nous fais voyager Andrée avec ce conte venu des pays lointains !
    Bisous du matin

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  8. Ta page est tellement belle et elle me plonge dans l'univers de l'Inde, ce pays aux merveilleux paysages, aux habitants insaisissables...
    Je finis la très longue lecture (exigeante) de "L'Arbre-monde" de Richard Powers.
    Merci pour tes publications qui nous élèvent l'âme.

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  9. Un texte qui m'a profondément émue tant il repose sur des vérités.
    Depuis ma fracture de l'humérus, je ne suis retournée dans le bois au-dessus du village: les arbres me manquent beaucoup. Dès que je vais le pouvoir, je vais aller m'y promener.
    Bises et à plus Andrée !

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  10. Merci pour ce si joli conte avec les arbres, le premier est vraiment somptueux.
    Bises et belle journée

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  11. Un très beau conte dont on aurait bien fait de s'inspirer avant de détruire tant de forêts et les espèces qu'elles abritaient.
    Tes photos sont superbes!
    Bises

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  12. Quel merveilleux conte ! Et tes photos montrent de bien beaux arbres ! Celui de ta bannière est impressionnant !
    Bisous et bonne soirée

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  13. Merci pour ce magnifique conte... j'ai adoré le lire et découvrir tes images.
    Bisous et douce journée.

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  14. les animaux ne s'y trompent pas, ils sont à l'ombre de ce bel arbre....passe un bien doux mercredi

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  15. Un très beau conte, hélas tous les hommes n'ont pas la sagesse d'Aminata et tant de forêts ont disparu dans le monde! bises et bonne journée

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  16. C'est un très beau conte empli de sagesse et de détermination. il faudrait de nombreuse Amrita dans notre monde.

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  17. Il a été long a comprendre l'utilité des arbres ce maharadjah. Les photos sont magnifiques.
    Belle soirée à toi. Bisous

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  18. oh j'ai adoré ton texte, il est si beau un bel hymne pour nos amis les arbres qui en effet sont si importants pour nous et notre planête. j'adore tes photos, elles sont sublimes et correspondent tout à fait à mon imaginaire sur les arbres. bises.celine

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  19. mes protèges masques sont en carton souple, mais j'aurai bien pu les faire aussi avec de la feutrine pour qu'ils soient lavable, mais hélas il fallait que j'en achète....donc j'ai pris ce que j'avais sous la main....mes feuilles cartonnées, et ça va très bien, ça prend peu de place et c'est un peu plus élégant que d'enfermer nos masques dans un sachet plastique....(lol) et plus élégants de le poser sur une table puisque c'est plier....et puis il fait bien dire que ça m'a occupé l'espace d'une instant....passe un bien doux jeudi

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  20. J'ai encore entendu ce matin que le plus grand prédateur est l'homme, il coupe la branche sur laquelle il est assis. Lorsqu'il sera tombé, il sera trop tard pour geindre.

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  21. dommage que tout ne se passe pas comme dans le cnte pour les arbres d'Amazonie et ...d'ailleurs
    bises

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